Le projet de la FIFA d’ouvrir le capital de ses principales compétitions à des investisseurs privés continue de susciter une forte opposition. Après l’UEFA et la CONCACAF, la Confédération asiatique de football (AFC) a officiellement rejeté cette initiative, accentuant l’isolement de Gianni Infantino à quelques mois d’une nouvelle échéance électorale.
L’Asie rejoint le front du refus
Dans un communiqué, l’AFC a exprimé sa « profonde inquiétude » face au projet de la FIFA de créer une société commerciale chargée de gérer les droits de ses compétitions, dont la Coupe du monde, avant d’en céder une partie à des investisseurs privés. L’instance asiatique affirme partager les préoccupations de l’UEFA et de la CONCACAF, estimant que cette réforme pourrait fragiliser l’unité du football mondial. Elle juge également préoccupant que l’hypothèse d’un boycott de la Coupe du monde soit désormais publiquement évoquée.
Une majorité de fédérations opposée au projet
Selon plusieurs médias britanniques, l’opposition représenterait désormais une majorité des 211 fédérations membres de la FIFA. Avec les 55 associations de l’UEFA, les membres de la CONCACAF et les 47 fédérations de l’AFC, le camp du refus disposerait d’environ 143 voix, soit bien au-delà de la majorité simple nécessaire pour bloquer le projet. Gianni Infantino espérait pourtant obtenir un soutien suffisant pour faire adopter cette réforme, présentée comme un moyen d’accroître les revenus de la FIFA grâce à la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une société commerciale destinée à gérer les actifs économiques de l’organisation.
Un enjeu majeur pour l’avenir d’Infantino
Le président de la FIFA avait notamment promis une redistribution de 40 millions de dollars à chacune des fédérations membres sur le prochain cycle de quatre ans grâce aux revenus attendus de cette nouvelle structure. Mais si le projet venait à être rejeté, il pourrait fragiliser sa position avant l’élection à la présidence de la FIFA prévue l’an prochain. Plusieurs observateurs estiment que cette réforme constitue l’un des principaux axes de son programme.
Malgré quelques soutiens isolés, notamment en République tchèque ou au Mexique, la contestation continue de prendre de l’ampleur. Plusieurs médias évoquent une perte de confiance croissante au sein des confédérations jusque-là considérées comme favorables à Gianni Infantino. Dans ce contexte tendu, la démission de Carlos Cordeiro, l’un des principaux conseillers du président de la FIFA, est venue renforcer l’impression d’un dirigeant de plus en plus sous pression face à une fronde internationale.

