Écarté de la Coupe du monde 2026 après avoir été refoulé à son arrivée aux États-Unis, l’arbitre somalien Omar Artan va finalement retrouver le devant de la scène. L’UEFA l’a désigné pour arbitrer mercredi 12 août la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain, vainqueur de la Ligue des champions, et Aston Villa, lauréat de la Ligue Europa.
L’histoire d’Omar Artan avait suscité de nombreuses réactions lors du Mondial 2026. Arrivé à Miami en juin, l’arbitre de 34 ans avait été interrogé pendant onze heures avant d’être placé en rétention puis renvoyé vers la Turquie. Il devait devenir le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde. Désigné arbitre africain de l’année 2025 par la Confédération africaine de football, il avait pourtant été privé de cette opportunité.
Les autorités américaines avaient justifié son refoulement en affirmant qu’il était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes », ce qui, selon le département d’État américain, le rendait inéligible à l’entrée sur le territoire.
Une nouvelle opportunité en Europe
Quelques semaines après cet épisode, l’UEFA lui offre donc une nouvelle occasion de diriger une grande rencontre internationale. Omar Artan arbitrera son premier match en Europe à l’occasion de la Supercoupe, qui opposera le PSG à Aston Villa. Dans un entretien publié par l’UEFA, l’arbitre somalien reconnaît avoir traversé « une période très difficile ». Il explique avoir reçu de nombreux témoignages de soutien après avoir vu son rêve de Coupe du monde s’envoler. « Quand on a travaillé pendant de nombreuses années pour réaliser un projet et qu’on ne peut finalement pas le faire, c’est très éprouvant », a-t-il confié.
Omar Artan, premier arbitre somalien à avoir officié lors d’une Coupe d’Afrique des nations, veut désormais profiter de cette nouvelle expérience. « Vivre des aventures, se créer des souvenirs et apprendre de nouvelles choses, c’est toujours formidable », estime-t-il, avant de lancer un message : « Ne cessez jamais de rêver ».
Un choix aux dimensions sportives et politiques
Pour expliquer cette désignation, l’UEFA s’appuie notamment sur son protocole de coopération signé avec la Confédération africaine de football en avril dernier. Mais ce choix intervient également dans un contexte tendu entre l’UEFA et la FIFA. Les relations entre les deux instances se sont récemment dégradées autour du projet avorté d’ouvrir la FIFA à des investisseurs privés.
L’UEFA, qui conteste la gestion de Gianni Infantino, agite notamment la menace d’un boycott de certaines compétitions, y compris les Coupes du monde, pour faire pression sur le président de la FIFA. La désignation d’Omar Artan par l’UEFA apparaît ainsi comme un symbole après l’épisode qui l’avait privé du Mondial américain. Pour l’arbitre somalien, l’heure est désormais à la revanche sportive, avec une première européenne à diriger entre le PSG et Aston Villa.

