L’ancien sélectionneur de l’Afrique du Sud ne cache pas sa position dans le litige entre le Maroc et le Sénégal. Hugo Broos estime que le retrait des joueurs sénégalais devait entraîner un forfait. Pour lui, les règles sont claires et le titre revient aux Lions de l’Atlas. Une position ferme, alors que le Tribunal arbitral du sport doit encore rendre sa décision.
Hugo Broos n’entend pas entretenir le suspense. Pour le technicien belge, le débat autour du vainqueur de la CAN 2025 devrait être réglé par l’application du règlement. Le retrait temporaire des joueurs sénégalais pendant la finale constitue, à ses yeux, un motif suffisant pour justifier une défaite par forfait. « C’est très dur pour le Sénégal de perdre, mais il y a une règle : si tu quittes le terrain, c’est FORFAIT. C’est terminé. Le MAROC a la coupe ! Les règles sont faites pour être respectées », affirme-t-il. Cette déclaration résume sa lecture du dossier. Broos reconnaît la difficulté d’une telle issue pour le Sénégal, mais considère que les circonstances de la finale ne doivent pas faire oublier les règles de la compétition.
Un règlement au cœur de sa position
La finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier à Rabat, avait pourtant consacré le Sénégal sur le terrain. Les Lions de la Teranga s’étaient imposés 1-0 après prolongation face au Maroc. La rencontre avait cependant été marquée par une vive contestation arbitrale. Après l’attribution d’un penalty au Maroc dans le temps réglementaire, les joueurs sénégalais avaient temporairement quitté la pelouse. Le match avait ensuite repris, avant la victoire sénégalaise.
Deux mois plus tard, le 17 mars 2026, le Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a déclaré le Sénégal forfait, homologuant le résultat à 3-0 en faveur du Maroc. Cette décision s’appuie sur l’article 84 du règlement de la CAN. La Fédération sénégalaise de football a contesté cette sanction devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). C’est désormais à cette juridiction qu’il revient d’examiner le recours et de déterminer si la décision de la CAF doit être maintenue ou annulée.
La position de Hugo Broos repose sur une idée centrale : les règlements doivent s’appliquer indépendamment des équipes concernées. Selon cette lecture, le fait de quitter temporairement le terrain ne peut être considéré comme un geste sans conséquence sur le plan disciplinaire. Son intervention intervient dans un contexte où les avis restent profondément partagés. Certains estiment que le résultat acquis sur le terrain devrait prévaloir, tandis que d’autres défendent l’application des sanctions prévues par les textes. Le technicien belge se range clairement dans le second camp. Il considère que le Maroc doit bénéficier de la décision administrative prise par la CAF. Son affirmation ne signifie toutefois pas que le contentieux est juridiquement terminé.
Le verdict du TAS toujours attendu
Le 8 octobre 2026, le TAS a entendu les représentants du Maroc, du Sénégal et de la CAF à Lausanne. À l’issue de cette audience, l’instance a annoncé qu’elle rendrait sa décision dans les jours suivants, sans communiquer de date précise. Le recours sénégalais porte notamment sur la légalité de la décision ayant transformé sa victoire sportive en défaite par forfait. L’issue de cette procédure déterminera le sort juridique du titre continental. Hugo Broos a déjà arrêté son opinion. Mais tant que le TAS n’a pas officiellement rendu sa décision, sa déclaration reste une prise de position dans un dossier encore pendant. Le débat sur la CAN 2025 n’a donc pas livré son dernier mot.

