La Fifa a annoncé vendredi 31 juillet le maintien de son projet de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, baptisée Fifa Forward Enterprise (FFE). Malgré la menace de boycott des prochaines Coupes du monde formulée à l’unanimité par l’UEFA, le président Gianni Infantino ne recule pas et promet des consultations « ouvertes et démocratiques ».
Le projet, dévoilé mardi 28 juillet à la surprise générale, prévoit d’ouvrir environ 20% du capital de la FFE à des investisseurs privés minoritaires, sur la base d’une valorisation de 20 milliards de dollars. La Fifa espère lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars pour porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années. En cas d’adoption, chacune des 211 fédérations membres recevrait une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027, et verrait sa dotation passer de 8 à 20 millions de dollars sur la période 2027-2030.
Les réactions ont été vives. L’UEFA, qui réunit 55 fédérations européennes et regroupe sept des dix derniers champions du monde, a menacé jeudi « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la Fifa si ce projet n’était pas abandonné. Elle dénonce une élaboration faite « en secret » et craint que les décisions sur le calendrier, le format des compétitions et la gouvernance du football ne soient désormais guidées par les intérêts des actionnaires plutôt que par ceux du sport. La Concacaf a de son côté « rejeté la proposition », l’AFC a regretté l’absence de consultation préalable, tandis que la CAF s’est montrée plus nuancée en appelant ses membres à « examiner » le projet.
Les critiques portent également sur l’identité des potentiels investisseurs, parmi lesquels figure le fonds Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Une proximité jugée problématique au regard des liens affichés par Infantino avec le président américain durant le Mondial 2026. La Fifa assure qu’elle conservera le contrôle exclusif de la société et « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du football. Elle précise qu’elle ne lancera ce projet « que si la majorité des associations membres décide de le soutenir ». Les 211 fédérations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer, un délai qualifié d’« ultimatum » par l’UEFA.
Ce calendrier serré coïncide avec les échéances électorales de Gianni Infantino, candidat à sa réélection à la présidence de la Fifa en mars 2027 et seul candidat déclaré à ce jour.

