Les projets attribués à Gianni Infantino pour renforcer la dimension commerciale du football suscitent de nouvelles inquiétudes. Le président de la FIFA est notamment accusé de vouloir accélérer la privatisation et l’« américanisation » du football mondial.
Selon le Times, Gianni Infantino travaillerait sur un projet visant à céder des parts des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. Une initiative qui pourrait, selon ses détracteurs, ouvrir la voie à une transformation profonde du modèle économique du football. Le projet prévoit notamment d’associer les 211 fédérations membres de la FIFA au dispositif. Chacune pourrait recevoir une participation dans la structure appelée à contrôler les compétitions, avec la possibilité de la conserver ou de la revendre. Une formule qui pourrait faciliter l’adhésion des fédérations au projet.
Les critiques redoutent surtout une concentration croissante des grandes compétitions aux États-Unis. Des personnalités proches de l’administration de Donald Trump ainsi que Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, auraient participé à des discussions autour d’un éventuel investissement dans la Coupe du monde. Cette évolution intervient alors que plusieurs décisions prises lors du Mondial 2026 ont déjà alimenté la controverse, notamment les difficultés rencontrées par certains supporters pour obtenir des visas, le refus d’entrée aux États-Unis de l’arbitre somalien Omar Artan ou encore l’intervention de Donald Trump dans le dossier disciplinaire de l’attaquant américain Folarin Balogun.
La finale a également été marquée par une longue pause destinée à accueillir un spectacle inspiré du modèle du Super Bowl. Pour les opposants à la stratégie actuelle de la FIFA, ces évolutions illustrent une volonté de transformer progressivement le football en un produit de divertissement davantage tourné vers le marché américain.
Gianni Infantino a, de son côté, vivement défendu son bilan. Dans un communiqué publié lundi, le président de la FIFA a dénoncé les critiques et les « fausses rumeurs » visant l’instance mondiale, tout en présentant le Mondial 2026 comme une réussite majeure. Ses détracteurs estiment toutefois que le succès sportif de la compétition doit avant tout au jeu, aux joueurs et aux entraîneurs, et non aux dirigeants de la FIFA.
La question est désormais de savoir jusqu’où les fédérations nationales accepteront d’aller dans cette transformation du modèle économique du football. Les fonctions liées à la future structure pourraient également générer d’importants revenus pour Gianni Infantino, avec une rémunération qui pourrait dépasser 60 millions de dollars par an.

